Adjudications
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Qui peut acheter ?
Les salles de vente aux enchères sont ouvertes
à toutes personnes intéressées par une vente.
Les audiences de vente se déroulent publiquement. Vous pouvez
donc y assister librement.
Hormis le saisi ou les personnes notoirement insolvables, tout le monde
peut participer à une vente aux enchères, et
concrétiser une bonne affaire.
Quelles sont
les garanties ?
La vente est placée sous le contrôle du
Tribunal.Le Président de la « Chambre des
Criées » (nom donné à la salle des
ventes) dirige l’audience.
Aucun amateur n’est avantagé par rapport à un autre
et aucune pression ne peut être exercée par quiconque. Par
ailleurs, les enchères sont obligatoirement portées par
l’intermédiaire d’un avocat inscrit au Barreau du
lieu de la vente.L’anonymat est donc garanti, personne ne sachant
pour le compte de qui l’avocat pousse les enchères.
Que faut-il
faire ?
Il faut se renseigner sur le bien lui-même (est-il
libre d’occupation ? loué ? des dates et heures
de visites du bien sont-elles fixées ?) et sur
l’environnement de la vente, c’est-à-dire les droits
et obligations résultant tant du bien lui-même que de la
procédure de vente.
Ces renseignements seront obtenus en consultant le cahier des conditions
de vente. Ce document est un véritable contrat entre
l’acheteur et le vendeur. Il fixe l’ensemble des droits et
des obligations se rapportant à la vente concernée. Sa
consultation est primordiale. Les cahiers des conditions de vente sont
déposés au greffe du Juge de l’Exécution du
Tribunal de Grande Instance du lieu de vente. L’avocat poursuivant
la vente en détient une copie à son cabinet. Il faut
ensuite se faire sa propre idée sur l’intérêt
du bien mis en vente en se rendant sur place, soit à
l’occasion des visites organisées soit de sa propre
initiative. Il faut enfin fixer le prix maximum et choisir
l’avocat qui vous représentera.
La représentation pour pousser les enchères se fait
obligatoirement par l’intermédiaire d’un avocat
inscrit au barreau du lieu de vente.
Quels sont
les frais ?
Outre le prix d’adjudication, vous devez prévoir
certains frais :
Ce sont les frais engendrés pour les besoins de la
procédure qui aboutit à la vente.
Frais d’huissiers :
Commandement de payer, commandement de saisie immobilière,
procès-verbal descriptif, honoraires de visites des lieux…
Frais divers :
Publication du commandement de saisie aux hypothèques, frais
de serrurier, frais de publicité… L’avocat peut vous
en communiquer le montant immédiatement ou vous en en donner un
aperçu précis.
Les émoluments de la vente :
Ils sont proportionnels aux prix d’adjudication et
fixés selon un barème. A titre d’exemple 800 €
environ pour un prix d’adjudication de 12.000 €, environ
1.500 € pour un prix de 45.000 €, environ 1.800 € pour
un prix de 60.000 €.
Les honoraires de l’avocat :
Ils sont librement négociés avec lui.
Les frais d’acquisition :
Ce sont les droits de mutation que vous acquittez également
lors d’une vente de gré à gré (droits
d’enregistrement ou TVA). Le bien est placé sous le
régime de la TVA immobilière s’il s’agit
d’un immeuble achevé depuis moins de 5 ans, et s’il
n’a jamais fait l’objet d’une revente depuis son
achèvement. Si l’une de ces conditions n’est pas
remplie, l’immeuble sera soumis au droit d’enregistrement
(actuellement 5.09 %). Il peut s’avérer très
intéressant d’acheter aux enchères un bien soumis
à la TVA immobilière. Dans ce cas, à condition que
le cahier des conditions de vente ait prévu la clause indiquant
que « la TVA à payer sera réglée au nom
et pour le compte du débiteur défaillant et sous
réserve de ses droits à déduction »,
l’adjudicataire pourra déduire de son paiement la TVA
réglée en amont par le propriétaire sur ce
même immeuble. Par exemple : s’il s’agit
d’une villa, la TVA payée pour l’acquisition du
terrain et celle payée pour la construction de la maison.
En règle générale, l’ensemble de ces frais
(préalables, émoluments, honoraires, droits de mutation)
ne dépasse pas son équivalent en commission d’agence
immobilière et frais de notaire et d’acquisition, dans le
cadre d’une vente amiable.
N’oubliez pas que, lors d’un achat aux enchères, le
titre de propriété ne résulte pas d’un acte
notarié puisqu’on ne passe pas chez le notaire (le concours
d’un notaire peut toutefois être nécessaire pour le
prêt hypothécaire destiné à financer
l’acquisition).
Le titre de propriété est constitué par le jugement
d’adjudication. Ce document vous est remis par l’avocat
après sa publication aux hypothèques.
Comment se
déroulent les enchères ?
Les enchères sont portées par l’avocat de
votre choix en fonction des ordres que vous lui communiquez sur place et
du mandat que vous lui avez préalablement remis.
Les enchères sont arrêtées quatre vingt dix secondes
après la dernière enchère. Ce temps est
décompté par un moyen visuel et sonore qui signale au
public chaque seconde écoulée. Si à
l’expiration de ces quatre vingt dix secondes aucune
enchère n’est venue couvrir la vôtre, vous êtes
déclaré adjudicataire.
Cependant, durant les dix jours qui suivent, une surenchère peut
être formée. Dans ce cas, il est procédé
à une nouvelle vente sur une mise à prix au moins
égale au prix de la première adjudication majoré
d’un dixième. Toutes les personnes
intéressées peuvent à nouveau porter des
enchères par l’intermédiaire d’un avocat.
Quand et
comment payer le prix :
Pour pouvoir porter des enchères, votre avocat vous
réclamera, en plus du pouvoir, un premier chèque de banque
rédigé à l’ordre du Bâtonnier de
l’Ordre des Avocats, égal à 10 % du montant de la
mise à prix, ainsi qu’un deuxième chèque de
banque établi à son ordre, destiné à couvrir
les frais. Le cas échéant, le complément de frais
devra être réglé dans les huit jours qui suivront la
vente.
En revanche, le prix d’adjudication doit, sauf cas particulier,
être réglé dans un délai de deux mois.
Pendant les deux mois qui suivent l’expiration du délai de
surenchère, vous bénéficiez dans la plupart des cas
d’une franchise d’intérêt.
Passé ce délai, le taux d’intérêt
légal est appliqué. Ce taux est majoré de 5 points
à l’expiration d’un délai de quatre mois de la
date de l’adjudication.
Vous disposez donc d’un délai suffisant pour organiser le
financement de votre opération aussi simplement que dans le cadre
de n’importe quelle vente amiable.
Ainsi vous avez la possibilité de préparer votre
financement avant la vente et de le réaliser si vous êtes
effectivement adjudicataire, de façon à payer le prix
à l’aide de ce prêt.

